vendredi 12 novembre 2021

A toi, Sweet Lilli

 

Tu as été une de mes premières lectrices. Encourageante, supportrice, drôle, sensible, gentille... Je crois que je ne t'ai jamais vu écrire quoi que ce soit de méchant ou désobligeant contre qui que ce soit.

Tu t'indignais, tu n'étais pas d'accord voire en colère mais je n'ai pas souvenir d'avoir lu quoi que ce soit de méchant ou dénigrant sur ton fil.

Il y avait en toi tant de gentillesse et de générosité... Il y avait nos échanges en TL et il y avait nos échanges en DM... De ta maladie, tu parlais peu et toujours avec pudeur, optimisme ou dérision. Jamais tu ne te plaignais, jamais.

Tu parlais de tes fils avec tendresse ou taquinerie. Il y avait tant d'amour dans tes mots les concernant! Tant de fierté aussi.


Il y avait en toi quelque chose d'infiniment doux et lumineux et une force évidente aussi!

 


J'ai eu le grand plaisir de te rencontrer, une seule fois, à Blois. Nous avons pris un verre en terrasse au soleil. Tu m'avais apporté une bouteille d'une bière locale d'une micro-brasserie que j'ai bue plus tard à ta santé dans mon jardin. J'avais pris une photo d'ailleurs... Je me souviens de tes grands yeux bleus, de ton sourire et de ta disponibilité.

Depuis plusieurs mois, ton silence nous inquiétait. En TL, un peu. En DM, beaucoup plus. Nous nous demandions si nous avions des nouvelles. Nos tweets, dm, sms ou même courriers restaient sans réponses. L’inquiétude gagnait du terrain.

J'ai tant espéré Sweet Lilli. J'ai tant espéré Caro que tu ne pouvais pas répondre mais que tu gagnais la bataille contre cette saloperie de cancer.


Ce soir, la confirmation de ta mort est arrivée jusqu'à nous. Si tu savais la tristesse... Les larmes qui débordent incontrôlables. Ce sentiment de perte. Ce vide...


Je me sens privilégiée de t'avoir connue et de t'avoir rencontrée. D'avoir pu être réchauffée par ton regard chaleureux et ta lumière. Tu rayonnais! Je n'oublierai jamais ta gentillesse, ta générosité, ton sens de l'humour et ton auto-dérision. Ton intelligence et ta curiosité. Et cet amour... Tu avais tant d'amour en toi, tant de vie! Tu avais une si belle âme Caroline...

Merci d'avoir été au monde. Merci d'avoir été qui tu étais. Tu vas me manquer. Où que tu sois, que les alizées te portent avec douceur. A toi, à jamais, avec toute ma tendresse... 

 

samedi 26 décembre 2020

7 minutes

On avait prévu de se faire un apéro Skype ce jour là, en famille. Moi ici et eux, à presque 1000km de là. Eux? Ma mère, ma sœur, mon beau-frère et leurs enfants ainsi que les +1 des enfants.

Tout le monde était là-bas.

J'avais choisi de rester ici. D'une part parce que je travaillais. D'autre part, parce que avec le Virus et les vulnérabilités diverses des gens que j'aime, je préférais circuler le moins possible.

Je n'ai pas vu certain.e.s de mes neveux et nièces depuis plusieurs années. La vie. Le virus. La distance... Ils me manquent vraiment beaucoup.

On avait donc prévu de se faire cet apéro et d'ouvrir les cadeaux envoyés.

 

mardi 24 mars 2020

Covid19, confinement et considérations

Ce que j'apprends depuis que je suis en confinement...


Ce que cela m'apprend c'est que je manque d'humilité : je pensais être capable de faire face sans un plissement du front et j'avais tort.

Ce que cela m'apprend c'est qu'aimer trop une personne conduit à ne pas faire les bons choix et que cela revient en effet boomerang ensuite. Je suis allée chercher Tatie en catastrophe avec une amie le mardi avant la mise en place du confinement. Seule chez elle à 92 ans, je ne pouvais juste pas l'envisager. Ce changement de cadre a été brutal et violent pour elle. Donc depuis une semaine, je temporise, je lui donne les nouvelles mais en y mettant les formes. Mauvaise idée. Elle ne se rend pas compte et donc conteste chaque chose que je peux dire qui restreint sa liberté. Et c'est une personne libre ma Tatie...

Ce que cela m'apprend c'est que je suis protégée et que j'ai bien de la chance.

jeudi 19 décembre 2019

Le prix de l'indépendance

J'imagine que cela ne vous a pas échappé, si vous me suivez sur Twitter : depuis septembre, j'ai décidé de me lancer et je me suis installée à mon compte. J'ai trouvé un local en partage et j'ai accroché ma plaque "Serval Frayer, Psychologue du travail, uniquement sur rendez-vous"...
 
Je me pisse dessus de trouille et de doute environ... plusieurs fois par semaine voir chaque jour.
Pourquoi m'installer à mon compte? Quitte à bosser largement plus de 40h par semaine autant que cela me rapporte plutôt que d'être salariée et que ça rapporte à la boite qui me salarie. 
Et aussi "le respect des process" j'en peux plus. Je veux pouvoir bosser avec rigueur, créativité, spontanéité et en fonction de chaque personne accueillie, de ses spécificités et singularités. 
 
Je veux être MOI dans mon exercice professionnel. 


vendredi 12 juillet 2019

Tristesse

Je ne sais pas pourquoi, ce soir j’écoute Barbara. Ou plutôt si. Parfois je m’autorise à la laisser sortir. De préférence la nuit et quand je sais que je n’ai rien de prévu le lendemain car la nuit va être rude. Ma compagne roulée en boule bien serrée au fond de moi : la tristesse.

Mélancolie, chagrin, souvenirs, déprime, douleur, peine… On y met les mots que l’on veut. Pour moi, c’est tristesse.

Je vois presque les personnes qui me connaissent s’étonner. Comment ça la tristesse ?! Tu es à l’opposé de la tristesse enfin ! « Comment tu vas ? » ... Je ne me vois pas répondre « je suis triste aujourd’hui », c’est encombrant la tristesse. Pour soi et pour les autres. Qu’est-ce que vous voulez en faire ? Alors, je ne vois que le reste, la plupart du temps : le beau, le bon, le drôle, l’agaçant, l’enthousiasmant. Bref, tout ce qui fait la vie !

jeudi 9 mai 2019

"Porteuse de projet" ou comment j'ai décidé d'envoyer mon statut de salariée par dessus les moulins

Le travail est au centre de nos vies. Tout le temps, chaque jour, on en entend parler : les chômeurs, les travailleurs, les précaires, les fonctionnaires, les grands patrons, les besogneux, les glandeurs, les générations X – Y ou les Millénials, les intérimaires, les planqués, les abimés… Bref, chaque jour ça cause « travail ».

Depuis fin décembre, je suis « chercheuse d’emploi »… Mon CDD c’est terminé et vu ce qu’on me proposait j’ai dit merci mais non merci. J’ai adoré accompagner des personnes en bilans de compétences. J’ai kiffé accompagner des détenus dans l’élaboration de leur projet professionnel à la maison d’arrêt. J’ai trouvé insupportable la pression, les reproches, être pressurisée sans fin alors que je suis une bosseuse et que je fais bien mon taf. 130 km/j, moins de 1500€ de salaire net et une absence totale de reconnaissance de mon employeur. J’ai dit non à un renouvellement de contrat. Et cela n’a pas été de gaîté de cœur.

lundi 25 février 2019

Brève du petit matin

Il y a des moments comme ça où, à 6h du matin, tu lis une soixantaine de signes et où la prise de conscience te percute façon TGV lancé à 300km/h. Ton cœur descend en chute libre dans ton estomac, tu prends un coup de chaud dans le visage et un coup d'arctique dans tout le reste du corps. Ça bourdonne dans tes oreilles et tu as une sensation de flottement, de perte de contact avec ton environnement. C'est là que ce foutu poing de la vie te tord le bide à t'en couper le souffle.
Le klaxon du camion te sort du rien et te reconnecte au réel. 
Ça a juste duré quelques secondes. 
Tu recommences à fonctionner mais quelque chose a changé, c’est déplacé. 
C’est peut-être ton cœur ou ta conscience mais le miroir t’a été tendu. Tu ne peux plus faire comme si de rien n’était. 
Pourtant si. 
Je voudrais pouvoir dire que je vais agir, tracer LA ligne dans le sable, dire « ça suffit » ou que sais-je encore… Mais non. 
Je suis lâche. 
Je remets posément mes œillères, un peu de poudre, un soupçon de rouge à lèvres et mes talons. 
Lève la tête ma fille et dépêche-toi ! Tu vas rater ton train. 
Faisons comme si, comme si de rien n’était… 

mardi 28 août 2018

Mots des murs

En rangeant la sacoche que j’utilise pour aller à la maison d’arrêt, je suis tombée sur une feuille de mots que j’avais écrits lors de l’un de mes déplacements là-bas. C’est griffonné à la va-vite, entre deux rendez-vous.
Je suis incapable de me souvenir de quand cela date. J’avais envie de partager cela avec vous.

dimanche 1 juillet 2018

Pourquoi t'es triste, c'est toi qui est partie?



Ça va faire un an… Un an que je suis partie. Un an que j’ai dit c’est fini. Un an que j’ai fait des cartons et des valises la morve au nez et les larmes en cascades sur les joues. Un an que je ne serre plus personne dans mes bras. Un an que je ne m’inquiète plus pour l’Autre. Un an que je ne demande plus comment c’est passé ta journée. Un an que je ne tiens plus de main lorsque je me balade. Un an que je ne partage plus mes tracas. Un an que je ne gère plus la maison. Un an que je ne me demande plus si cela va lui plaire ou non. Un an que j’ai repris ma liberté. Un an que je suis triste, en colère, que je me sens coupable, que je me sens seule. Un an que je porte un sentiment d’échec. Un an que je ne me sens plus aimable, moche et pas vraiment digne d’intérêt. Un an que je lutte pied à pied, centimètre par centimètres certains jours. Un an que quotidiennement je me dis plusieurs fois par jour « alors, quoi de beau et de positif aujourd’hui ? ». Un an que chaque jour je décide que aujourd’hui est le jour d’après et le premier jour du reste de ma vie.

vendredi 22 juin 2018

J'avais envie de rhubarbe aujourd'hui

Cela faisait des mois que je voyais ce panneau à l’entrée de l’allée de cette maison, pas très loin du boulot. Un panneau soigneusement peint « rhubarbe à vendre ».

Aujourd’hui, j’ai eu envie de rhubarbe (enfin, j’ai eu envie de faire de la confiture de rhubarbe) et en fin de matinée, ni une ni deux je me dis que je vais passer vite fait en acheter.

mercredi 13 juin 2018

Brève... du travail



Je les ai aperçus de loin avant d’arriver sur le parking et je me suis fait la réflexion « mais… ce n’est pas le jour des parloirs. Ils se sont fait refouler ? ».
La femme est grande et porte un bébé bien joufflu dans les bras. Il y a deux petits garçons, moins de 10 ans c’est certain. Et il y a Monsieur qui porte un grand sac bleu de courses, bien plein, comme on en voit souvent pour les parloirs dont dépasse un bouquet de fleurs.

En me garant, je me fais la réflexion qu’ils ont l’air content, heureux même.

En sortant de la voiture, je comprends. Pas loin, il y a une voiture  avec un gigantesque dessin (une peinture en fait) qui fait toute la taille du pare-brise. On ne voit que lui. C’est un arc-en-ciel qui fait toute la page avec écrit « bienvenue […] c’est le premier jour de ta nouvelle vie ».

Et je comprends : ils n’ont pas été refoulés au parloir, c’est le jour de sortie du monsieur et toute sa petite famille est venue le chercher (ce qui n’est pas forcément la norme). Monsieur regarde avec attention le beau dessin bien visible derrière la vitre. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je crois que les enfants excités lui montrent ce qu’ils ont fait. Et Madame a un sourire super-nova.

Je m’arrêterais bien pour les contempler un moment mais je me sens indiscrète, voyeuse presque.

Aujourd’hui, un homme est sorti de prison. Il était attendu par sa femme et ses enfants. Il y avait de la joie et beaucoup de sourires. Et c’était le premier jour de sa nouvelle vie…



mardi 22 mai 2018

Ces attentions douces

Ce week-end, j’ai fait quelques cartons et j’ai clôt un chapitre important de ma vie.
Ce week-end, j’ai beaucoup pleuré avec la sensation que mon cœur se morcelait et je ne comprenais pas pourquoi.
Ce week-end, la femme que je suis a compris quelque chose de la petite fille qu’elle avait été et qui se cache encore en elle.

dimanche 12 novembre 2017

Derrière les murs

Avant même d’y aller pour la première fois, il faut montrer patte blanche : remplir des formulaires, attester sur l’honneur, envoyer une copie de la pièce d’identité. Il faut obtenir une permission, et pas que temporaire, pour franchir le seuil.

Le rituel des visites est réglé comme du papier à musique, enfin sauf quand il se passe des choses à l’intérieur qui font que ça grippe mais ça c’est une autre histoire.

jeudi 7 septembre 2017

9 ans... C'est toute une vie et c'est pas grand chose

La 1ere année, ça a quelque chose d’effrayant et d’excitant à la fois : tu retournes à l’école. Tu achètes des blocs, des crayons, des surligneurs et même un nouveau cartable dis donc ! Tu te fixes des règles en te disant que cumuler un temps plein et reprendre des études, ça demande un minimum de discipline.

Et aussi tu paniques… Parce que les études et moi on n’a jamais été potes. « Peux mieux faire », j’ai lu et entendu ça toute ma vie. « oh tu es assez intelligente mais vraiment pas une intellectuelle ». Et voilà que je signe pour passer une licence en cours du soir. Je suis folle ! Mélangez le syndrome « bonne élève » et celui de « l’imposteur » et vous avez une vague idée de ma panique. Et si mon cerveau était trop rouillé pour tenir la distance ?

Puis l’année commence. Des cours le vendredi soir dans des salles blafardes jusqu’à 21h30/22h ou le samedi matin dans des bâtiments déserts. Honnêtement, l’initiation au management et la psycho cognitive, bof mais la psycho sociale et des organisation, ah ouais !

Tu rencontres des gens sympas voire géniaux. Tu commences à bosser à plusieurs, à préparer les examens de fin d’UE (Unité d’Enseignement) ensemble, à rire, à (te faire) rassurer, à (te faire) encourager. Et tu valides tes matières. Et tu fêtes ça avec les autres.

mardi 4 juillet 2017

Lapsus, tourment et bienveillance

Soutenir un mémoire n’est pas chose facile. Surtout lorsque la personne qui le présente est persuadée qu’elle a plus de chance de rater que de réussir. Après tout, pourquoi ces éminents professeurs qui composaient le jury trouveraient-ils ce que j’avais écrit suffisamment digne d’intérêt ?! Le sentiment d’être une imposteure (oui je féminisme les mots) est tellement ancré en moi que ça pourrait être un tatouage invisible.

mercredi 9 novembre 2016

Comprendre

Depuis ce matin, j’ai l’impression d’être schizophrène dans ma tête. D’un côté ma peur et le sentiment de m’être réveillée dans un monde pré-apocalyptique me font angoisser, fulminer et traiter de crétins dégénérés de fin de race les électeurs du mec à la touffe orange (je n’arrive pas à écrire son nom).
De l’autre, je me dis que des personnes, beaucoup, ont voté en conscience pour cet homme ; que cela va arriver en France aussi avec les élections en mai 2017 et j’ai besoin de comprendre, vraiment.

Comprendre. Verbe à racine latine cum « avec » et prehendere « prendre, saisir » : Avoir, élaborer, recevoir dans son esprit la représentation nette d'une chose, d'une personne. Saisir intellectuellement le rapport de signification qui existe entre tel signe et la chose signifiée, notamment au niveau du discours (source : CNRTL).

dimanche 28 août 2016

Je t'amitié

L'amitié… Quand j'ai regardé dans le Larousse, j'ai trouvé cette fadasse définition « Sentiment d'affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu'une personne témoigne à une autre ».
Après, chacun a une définition, une idée et un vécu de ce que c'est. C'est personnel bien sûr. Alors je vais juste vous parler de l'amitié, selon moi.

Pendant très longtemps, je n'avais pas beaucoup d'amis voire pas d'amis du tout et cela m'allait très bien : cela demande du temps et de la disponibilité d'avoir des amis. Ce ne sont pas des potes ou des connaissances. Remarquez, je n'avais pas plus de potes que d'amis, je n'ai jamais été très douée pour les relations sociales. Ajoutez à cela que j'avais l'impression de venir d'une autre planète et de ne pas avoir les codes de celle sur laquelle j'avais échoué. J'étais timide, introvertie, gauche, hypersensible et solitaire. J'avais une galaxie entière de mondes variés en moi (ce qui est souvent le cas lorsque l'on est différent-e). J'avais, en outre, le besoin de devoir constamment m'excuser d'être là. Pas le plus simple pour se lier d'amitié.

Petit à petit j'ai grandi et j'ai mûri. Cela ne veut pas dire que c'est hyper facile mais j'ai appris à dépasser certaines de mes peurs et à aller à la rencontre de personnes.

L'amitié c'est de l'amour.

mardi 17 mai 2016

Pourquoi NON ?

C'est Kevin qui s'amuse pendant les récréations à soulever la jupe de Marine ou de Léa. Parfois les instits voient quelque chose et crient « Kevin ça suffit! » et parfois les adultes ne voient rien. Marine ou Léa en ont parfois parlé à leur(s) parent(s). Les réactions vont de « je vais aller voir la maîtresse » à « mais c'est pour jouer » avec parfois « je vais aller voir la maman de Kevin à la sortie de l'école » « non s'il te plaît après il va encore plus m'embêter ». Dans le meilleur des scénarios, Kevin finit par arrêter parce que les adultes ont interdit/puni/crié. Marine ou Léa ne veulent plus trop porter de jupes à l'école parce que si ce n'est pas Kevin, y'a Paul qui les embête aussi. Ce sont des jeux d'enfants me direz-vous, pas géniaux mais bien inoffensifs. Vraiment ?

mercredi 6 avril 2016

Cette belle histoire...

C'est l'histoire d'une amitié. C'est l'histoire de la naissance d'une BD. C'est une belle histoire…

Lorsque j'ai rencontré mon amie, tout ce que je savais de son compagnon est qu'il était scénariste.
Lorsque je l'ai rencontré lui, il était sur un projet BD important qu'il se préparait à présenter à des éditeurs, avec son co-auteur. Il a eu, entre autre, l'idée de la première histoire, son co-auteur a apporté l'idée d'étendre à un concept plus complexe. Ils ont décidé d'écrire à deux.
Neuf arts, neufs histoires, neuf époques et contextes différents, une seule vie. Je l'ai écouté me raconter l'idée générale puis chaque tome. Je me suis demandée comment une telle idée avait trouvé naissance et comment elle avait pu se déployer pour prendre une telle ampleur. J'ai trouvé le concept fabuleux et chaque histoire géniale.

vendredi 11 mars 2016

Taper le mur - Brève de mes études

Je serais marathonienne, je dirais que je viens de taper le mur au 40ème kilomètre. Je ne suis pas marathonienne mais j'ai repris mes études. Et je viens de taper le mur.
D'ordinaire, lorsque des échéances importantes approchent je suis shootée à l'adrénaline, je stresse et je bosse comme une dingue. Là, il ne se passe rien. Je ne me sens pas prête et il ne se passe rien. Pas de stress. Pas d'envie de bosser. Pas d'envie. Rien.

Reprendre ses études en cours du soir – du samedi – des vacances c'est bien car ça permet de concilier avec une vie professionnelle et sa vie personnelle. Sauf que forcément, c'est plus long, surtout quand on vise un Bac +5 (non mais quelle idée!).

Donc étudier, prendre le train, habiter à plusieurs endroits, faire en sorte que cela fonctionne du mieux possible, gérer le quotidien, faire bonne figure, voir le bon côté des choses, tirer le positif même quand c'est moisi, ne pas se laisser abattre. Objectivement, mes conditions de vie matérielles sont plutôt bonnes. Et il paraît que j'ai la joie de vivre. Et puis après tout, personne ne m'a forcé à reprendre mes études que je sache. Et en plus, j'ai une sainte horreur de la plainte compassionnelle, des "oh ma pauvre" et autre joyeusetés. Donc du coup, de quoi je me plains ? Et ce qui est terrible, quand tu as réussi mieux que bien jusque là, c'est que tes doutes ne paraissent pas ou plus légitimes. Pourquoi douter puisque jusqu'à présent tu as sacrément bien réussi? 

Je n'avais jamais mesuré à quel point ce qui est fou peut rapidement devenir ordinaire. J'ai une vie de dingue et c'est devenu mon ordinaire. Donc du coup, pourquoi chouiner puisque j'ai une vie ordinaire ? Alors, j'avance. Sauf que là, point de saturation atteint. Ça coince à tous les étages et mon corps me fait la gueule.

Oh bien sûr, je vais repartir et aller au bout. Après tout, je n'ai plus qu'un examen et un mémoire à écrire et soutenir. C'est presque rien au regard du chemin déjà parcouru. Presque rien.

Le p'tit cheval dans le mauvais temps…