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lundi 14 octobre 2013

Ecrire

Un autre extrait des Carnets du grenier, redécouverts il y a peu. 12 ans déjà...

 30.08.2001 - 21h

Écrire pour garder en soi les possibles.

Écrire pour se révéler, grandir et s'ouvrir.

Écrire pour vivre et s'épanouir.

Écrire pour être.

Écrire pour dire et se dire.

Écrire pour exister dans l'éphémère fixé à jamais sur cette échappée lisse et blanche que sont les pages et qui après le passage de la plume ne sera plus une immensité vierge mais sera, au-delà de son effacement, un monde nouveau, découvert et marqué par moi, mes mots et mon sens.

Cette page est devenue mon Alaska, mon Everest ou mon Sahara.

Elle porte en elle l'effort, la peine, le doute, le soulagement et la fierté.

Elle porte en elle l'expiration ultime du point qui clôt l'avancée, tel un étendard infime mais définitif à jamais posé là, unique et si simple qu'il en paraitrait banal.

Et pourtant, c'est mon point, mon étendard, ma fin.


mardi 27 août 2013

Baiser

12.05.04

« baiser au goût d'éternel et d'inachevé »

Évocation de l'empreinte...
.... de la sensation du premier baiser.
 La sensation qui revient, qui s'invite et qui crée le creux du sentiment au ventre, l'anticipation et le manque, l'excitation et la douceur, le cœur qui tombe au fond de l'âme puis qui s'emballe.

Après vient l’apaisement de la certitude d'une nouvelle fois et du renouvellement de ce toucher intime et délicieux, l’expectative du désir et de l'incertitude de la douceur tendresse.

Edit : retrouvé dans un carnet sans autre mention

samedi 23 février 2013

Batailler

Il y a des moments où la tentation de tout laisser aller est grande. C'est pas si compliqué quand on y pense. Parce que quand tu es accroché par le bout de tes doigts au dessus du vide et que tous tes muscles sont en train de tétaniser, lâcher serait moins fatiguant. Un peu radical mais si reposant. A quoi ça sert d'aller arracher des bouts de soi jusqu'au sang pour tenir. Tenir quoi d'abord ? Tenir à quoi ? Tenir pour quoi ? Tenir pour qui ?

Je me dis que l'absence finit toujours par s'effacer. Pourquoi devrais-je me préoccuper des autres ? Eux ne se préoccupent de rien après tout. Je suis le maillon tendre, le maillon sensible, le maillon faible.

Être soi n'est jamais assez bien. Il faut ci ou ça, être comme ci ou comme ça. Des représentations, des fantasmes, des modèles, des standards. Il faut être beau, dynamique, intelligent, driven, inspiré, battant, tonique, mince, jeune, créatif, endurci. Alors quand vous êtes doux, moelleux, sensible, attentif, rêveur, flasque, contemplatif, tendre, vulnérable...ça coince.

Quoi qu'on en dise, c'est fatiguant de vivre, en fait. Je ne sais pas comment les gens font. Parce que je ne dois pas être la seule à me poser des milliers de questions en boucle et sans fin. Je n'ai pas de disjoncteur donc ça ne s'arrête jamais. Pour tout et sur tout. Alors comment font les autres ?

dimanche 7 octobre 2012

Jour 1

Le premier soir dans mon rêve éveillé, je me suis assise sur le bord de ma petite pelouse, cigarette et bière bien fraiche à la main, à l'heure où le jour se retire à peine et que le soir s'invite.