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lundi 28 septembre 2015

Pour quelques euro de plus

Ça a commencé par quelques tweets concernant un blog d'une mère qui aurait hypothétiquement déscolarisé sa fille Lina, pour en faire une bonne ménagère. Twitter étant ce qu'il est quand c'est bien, le fake a rapidement été mis à jour. Sophie Gourion a écrit un très bon billet à ce sujet. Je ne vais pas revenir sur le procédé (minable) utilisé par Plan International (que je pensais être une ONG sérieuse mais bon, tout le monde peut se tromper, surtout moi).

Ma colère... Non, ma rage vient d'autre chose. Trois blogueurs (il y en a probablement d'autres mais je n'ai pas trouvé qui), sponsorisés donc par Plan, ont écrit des billets « indignés » dénonçant le blog de cette mère, la stigmatisant et en plaignant cette pauvre Lina. Trois billets identiques quasiment, au mot à mot. Une phrase en particulier m'a fait bondir : chez Papa Blogueur « … alors que font les services sociaux ? », chez C'est Quoi Ce Bruit « Mais que font les services sociaux ?... » et chez Virginie Bichet (billet effacé depuis mais merci la copie d'écran chez Sophie Gourion) « Non mais que font les services de protections (sic!) de l'enfance »... Que c'est facile de basher derrière son écran bien au chaud chez soi ! 
Mon billet n'a pas pour but de parler de la non scolarisation des filles ou des sujets connexes à ce bad buzz. Non. Il concerne les services sociaux et le bashing constant dont ils sont la cible.

vendredi 4 septembre 2015

Il a un nom. Il avait une histoire.

Il est plus d'une heure du matin. C'est le 4 septembre. Mon neveu fête ses 25 ans aujourd'hui. Je ne dors pas. Je n'y arrive pas. A chaque fois que je ferme les yeux, les images d'Aylan tatouées à jamais sous mes paupières m'empêchent de trouver l'apaisement du sommeil. Et avec ces images ma colère. Car je suis en colère depuis 48h.

Depuis que ces photos ont été publiées, j'essaye d'y échapper. J'ai réussi mercredi, j'ai totalement échoué jeudi. Je n'ai pas la télé mais je suis pas mal sur la Toile. Où que j'aille sur le net, d'une manière ou d'une autre, ces images me sont imposées. Leur violence incommensurable m'est balancée en pleine face et j'ai juste à fermer ma gueule. Regarde et tais-toi ! J'ai esquivé Twitter et (re)découvert qu'on pouvait désactiver la fonction « activer les images », Instagram n'a pas échappé non plus à la publication de ces clichés. Je ne vous parle même pas de Facebook. Je pensais naïvement en être protégée. Non, et au contraire même car je ne peux pas désactiver la fonction d'affichage des images, il n'y en a pas. Je ne vais pas me fâcher avec les amis qui aiment ou partagent des articles sur le sujet, photos à l'appui. Sans s'en rendre compte, ou alors ils s'en fichent, ils m'imposent ce choc qui est renouvelé à chaque affichage.

Sauf que ça n'est pas "juste" une photo d'un petit enfant mort noyé en Méditerranée. Il a un nom. Il avait une histoire. Sa famille fuyait la Syrie et l'enfer qui s'y trouve. Cette photo ne nous parle pas de cet enfant, juste de sa mort, tragique. 

mardi 16 juin 2015

Innommable

Innommable : Qui ne peut être nommé, qu'on ne veut ou qu'on ne peut nommer (Def. CNRTL). C'est la définition la plus simple du mot. Et c'est ce qui m'est venu en lisant un article, partagé par une amie sur sa page Facebook. Impossible de « liker » une abomination pareille. J'ai lu le titre de l'article et je n'ai pas voulu y croire alors j'ai cliqué pour lire ce qui était écrit. J'en suis restée pétrifiée, littéralement. En moi, je pleurais, je hurlais de rage, je vomissais de dégoût et j'étais terrifiée. Mais rien ne sortait.

Je n'ai pas envie d'utiliser de métaphores, de périphrases ou de formules pudiques pour ce qui suit.

mardi 1 avril 2014

Coup de gueule ou quand une campagne de Médecins Du Monde est lâchement détournée

(faut-il le préciser?! Ceci n'est PAS un stupide poisson...)

Ça se passe aujourd'hui à la station Edgar Quinet. Je sors de la rame en face de cette affiche. Et là gros gros malaise...

Affiché détournée "Bébés et" a  été rajouté

jeudi 21 novembre 2013

Ca suffit... Il faut que ça s'arrête!!

Pour qui vient sur ce blog et lit ce que j'y dépose, vous avez peut-être perçu que je me sens concernée par l'environnement. Je ne suis active dans aucune association. Je roule en diesel (je sais, c'est pas bien), je fume (oui, là encore, je sais, c'est pas bien), je ne mange pas Bio certifié et deux ou trois autres trucs.
Toutefois, je favorise les circuits courts dans l'achat de mon alimentation (locavore est le terme adéquat) et dès que je peux c'est directement auprès des producteurs que j'achète. J'ai un bac à compost derrière ma maison, je recycle, j'évite d'utiliser des pesticides dans mon jardin (vraiment, vraiment, je fais de mon mieux), je fais attention à mes consommations d'énergie et d'eau, je favorise le train à la voiture (#jaimeletrain, vous le savez...) et deux ou trois ou quatre ou cinq autres trucs.
Je vis à la campagne et les problèmes d'environnement, c'est aussi au quotidien que j'en entends parler et que j'y suis confrontée. Oui, ma campagne, c'est pas une jolie carte postale bucolique de vacances. C'est une campagne avec des agriculteurs, de l'agroalimentaire, des élevages, des usines de productions diverses, des gens qui travaillent dur. Ma campagne, c'est un territoire avec des gens qui vivent dedans et qui a besoin de subsister. C'est la campagne qui est belle, qui pue, qui produit, qui pollue, qui lutte, qui survit, qui protège, qui avance... Le monde rural quoi, pas la petite maison dans la prairie, avec toutes ses imbrications et sa complexité.
Bref, je ne suis pas une écolo engagée au sens politique ou associatif mais je suis convaincue d'une chose : nous ne sommes que de passage sur notre bonne vieille Terre et nous en sommes dépositaires, pas propriétaires. Donc, la moindre des choses, c'est de ne pas faire n'importe quoi. Nous sommes collectivement responsables de l'état des lieux = de ce que nous laissons derrière nous aux générations suivantes. En ce qui me concerne, ces générations ont des prénoms et des visages : Julien, Margaux, Hannah, Claire, Benoit, Timothée, Émeline, Ambre, Alexandre, Olivier, Clémentine, Anne-Laure, Mathis, Tim, Matéo, ... Et il y a tous ceux que je ne connais pas mais que vous, vous connaissez.
La question de la surpêche et des quotas, tout ça, j'y suis sensible. Préserver la ressource, c'est vital et incontournable. Le problème du chalutage en eaux profondes, j'en avais déjà entendu parler mais je n'avais pas percuté qu'il y avait des échéances proches et que c'était maintenant qu'il fallait agir.
Pénélope en a parlé là et vachement bien je dois dire. Elle explique, argumente et présente les choses de manière claire.
Bloom a un site très bien fait aussi et clair, pédagogique.
J'ai cliqué chez l'une d'un air distrait et j'ai terminé ma lecture furax. Alors je suis allée chez les autres et j'ai exploré plus, à en devenir encore plus furax.
Merde, ils nous ont bousillé le dessus et maintenant, ils nous bousillent le dessous ?!! Et quand je dis « ils », je ne parlent pas des pêcheurs sur leurs bateaux qui travaillent proches de nos côtes. Ou même de la pêche hauturière.Non, je parle bien des armateurs, propriétaires de ces usines flottantes qui sont en train de ravager nos fonds marins, pour nous refourguer de la merde à bouffer. Et tout ça pour quoi ?? Et ne venez pas me dire "nourrir les gens" parce que ça n'est absolument pas ça!
Dites, la perche du Nil, ça vous a pas suffit ?? Faut remettre ça ?

J'en entends déjà me dire : « ouais mais on a pas de pouvoir, c'est dans les hautes sphères que ça se décide, et tout et tout » : alors je vais vous paraitre simpliste mais 1/ ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières 2/ mieux vaut faire quelque chose de petit que de ne rien faire 3/ les « hautes sphères » ben on peut aussi leur mettre le nez dans le caca

J'en entends aussi me dire « ouais mais attends quoi, tes préoccupations, c'est des trucs de bobo écolo. Y'a la misère dans le monde et des gens qui meurent de faim quoi ! » Oui et vous avez raison. Maintenant, 1/ si on laisse derrière nous un monde stérilisé et agonisant écologiquement parlant, on pourra encore moins travailler ensemble à réduire ce genre d'inégalités 2/ les armateurs et ce chalutage de grande profondeur, vous avez lu quelque part qu'ils avaient une action positive pour résoudre ces problèmes ? Non, je ne crois pas 3/ Je ne vous demande pas de devenir activiste militant sur le terrain et d'aller au devant de ces chalutiers énormes sur un petit zodiaque pour les empêcher de pêcher. Je ne vous demande rien d'ailleurs.

En ce qui me concerne, j'ai signé la pétition. Ça m'a pris moins d'une minute pour le faire. Aujourd'hui, il reste 18 jours pour faire nombre, masse, front et pour montrer que l'on se sent concerné.
J'ai aussi décidé autre chose, à titre personnel. Je savais qu'Intermarché était l'un des (si ce n'est le plus) gros armateur de bateaux de pêche du pays. Je ne mesurais pas ce que cela impliquait. Je ne peux plus dire que je ne sais pas. Je n'y mettrai donc plus les pieds. Terminé.

Voilà. Je vous invite à signer la pétition. A la relayer. A faire tourner. Faites du bruit quoi !!! Chacun est libre bien sûr et il n'y a pas à jeter l'anathème.
Seulement, maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas...

Edit de 16h00 :  divers sites et journaux en parlent si ça vous intéresse
Rue89 
Politis 
20 minutes 
(merci @Corbeau2course pour avoir attiré mon attention sur les deux derniers)

        

mercredi 18 septembre 2013

Over ou au vert ? Dans tous les cas : lâchez-moi ...

Je vais vous parler de mes ovaires ou plutôt de l'utilisation que j'en fais. Que ceux – celles que cela choquent/dégoûtent/indignent/dérangent d'entendre parler de vagin, d'utérus et d'ovaires se dirigent tranquillement vers la sortie et vaquent à leurs occupations.

Qu'est-ce qui fait que je veux vous parler de mes ovaires ? En fait, je ne veux pas réellement vous parler de mes ovaires mais d'une situation qui découle d'un choix que j'ai fait il y a des années et qui n'est pas sans répercutions sur ma vie.

Sans enfant. J'ai décidé il y a des années (en y regardant, deux décennies déjà) que je ne souhaitais pas mettre d'enfant au monde. Plusieurs raisons à cela. Quand je regarde notre planète aujourd'hui, nucléaire, chimique et guerrière (entre autre) je ne pouvais juste pas me résoudre à faire naître un être qui aurait à grandir et évoluer dans un tel environnement.
Et puis, un peu plus de 10 ans à travailler dans la prévention et la protection de l'enfance ont profondément ancré mon choix.
Ce que je dis ne concerne que moi c'est à dire que je ne juge pas les personnes qui choisissent de devenir parents. Chacun a un rapport au monde différent. Je ne juge pas mais apparemment la réciproque n'est pas toujours vraie...
Nullipare... J'exècre ce mot à un point ! Il est laid. Dissonant. Il m'agresse, me dégoûte. Mais c'est le terme usité parait-il... Quand je regarde la définition dans le dictionnaire, ça donne quelque chose comme « qui n'a jamais mis bas ou accouché »... dont acte.
Donc, parée de ma nullité en la matière, j'arpente mon existence et je suis plutôt heureuse de la vie que j'ai. J'assume mes décisions, tranquillement.
Seulement voilà, pour je ne sais quelle raison, il semblerait que franchement c'est du grand n'importe quoi de ne pas vouloir être mère. Si, si ! Je vous assure !! Très régulièrement j'entends des réflexions ou j'observe des regards qui laissent entendre que j'ai du déposer mon cerveau en consigne le jour où j'ai fait ce choix.
Parce que c'est un marqueur social les enfants. Lorsque je rencontre des personnes que je ne connais pas (ou que je discute du sujet avec certains amis d'ailleurs) après la question de où je viens et de mon travail celle des enfants n'est jamais loin. Les personnes courtoises et polies prennent acte de ma réponse et passent à autre chose. D'autres changent de visage (consterné, grave, suspicieux, interrogateur, doutant...) ou s'expriment sur le sujet avec plus ou moins de délicatesse.
Petit florilège des réflexions qui émanent à 95% de femmes, je le précise :

  • « Ah nan, mais chai pas comment tu fais... » : je me souviens avoir répondu un jour que c'était ce à quoi servait la contraception mais je crois que ça n'est pas ce que voulait dire la personne qui a été choquée de ma réponse.
  • « Tu n'en veux pas... pour l'instant » : effectivement n'étant qu'une femme décérébrée et incapable de réfléchir à ce qu'elle veut, je ne PEUX PAS avoir décidé une telle chose. Plus les années passent plus je trouve cette remarque ridicule. Entendre ça à plus de 40 ans me donne maintenant envie de rire, ce que je fais souvent en disant que je suis en DLUO* dépassée de mes ovaires. Zut, je choque encore !
  • « Tu n'as pas rencontré la bonne personne pour les faire, c'est tout » : La bonne personne ? LES ? … no comment
  • « Ma vie a pris un sens le jour où je suis devenue mère, tu verras... » : Tout ce que j'espère c'est que que tu as réfléchi au sens de ta vie (et au sens que cela avait d'avoir des enfants) AVANT la maternité parce sans vouloir bitcher : c'est avant et pas après qu'il faut se poser la question... Rassurez-vous, je me tais en général et je hoche la tête.
  • « T'es une vraie féministe toi !» : là, comment vous dire... J'en suis restée bouche-bée avant d'exploser d'un rire consterné qui a vexé mon interlocutrice.
Et puis, il y a les remarques qui me blessent même si je ne le montre pas. Celles qui viennent toucher au cœur et font sourdre des larmes invisibles.
  • « Tu n'aimes pas les enfants » généralement dit d'un ton un peu méprisant ou affirmé, venant me juger sans même connaître et me cataloguant comme... je ne sais pas quoi en fait. Effectivement je n'aime pas tous les enfants de la planète mais généralement je les kiffe. Les enfants m'émerveillent. Leur capacité à découvrir le monde, à s'étonner, à s 'exprimer. Leur intelligence, leur malice, leur grâce... Je pourrais écrire des pages sur eux mais ça n'est pas le propos. C'est peut-être parce que je les aime que je préfère ne pas en porter et en mettre au monde.
  • «Ah oui t'es une égoïste toi » : ah... si tu le dis, je dois être une horrible égoïste de ne pas vouloir devenir mère... Je crois qu'il vaut mieux ne pas l'être que d'en être une mauvaise, mais c'est juste mon point de vue hein.
  • « De toute façon, on ne deviens femme que lorsqu'on devient mère » : là, c'est simple Je.t'emmerde.et.je.conchie.ce.que.tu.dis. Ça me met en rage d'entendre de tels poncifs et je me demande toujours « mais alors, que suis-je à tes yeux ? » mais je ne le verbalise pas. Être une femme ce n'est pas juste avoir vagin-utérus-ovaires à des fins maternisées et des seins. Et heureusement bon sang ! Je me sens, je suis femme de toutes les manières possibles et je crois que je ne suis pas la seule à penser que j'en suis une, de femme...
J'ai eu des moments où je me suis posée la question. Parfois cela me traverse encore l'esprit. Je m'éclate lorsque je suis avec les enfants. Je suis Tata de sang et de cœur d'une flopée de petits (et grands), marraine aussi. Je suis imbattable sur le changement de couches, les bibs, les Duplo et les Kapla. J'adore lire des histoires et mimer les animaux. Les bébés s'endorment assez facilement dans mes bras et je ne suis pas avare de câlins lorsque les petits bras se tendent. J'étais là et ai assisté, avant leurs parents, aux premiers pas de ma nièce ou de mon filleul. J'ai tenu des mains, ramassé des tonnes de cailloux, de brins d'herbes, de coquillages. J'ai sauté dans des flaques d'eaux et joué à chat. J'ai séché des larmes et j'en ai, malgré moi, suscité parfois. J'ai descendu des pistes vertes en chasse-neige avec des minis accrochés à mes mains ou à mes genoux. Avec les plus grands, j'ai des discussions plus sérieuses et je reçois parfois des confidences. Et tant d'autres choses... Mais être parent n'est pas un engagement en CDD. C'est un CDI dont on ne démissionne pas , en général. Donc, non.

Alors une partie de la société me regarde comme une espèce de singularité qui ne veut pas se plier aux codes sociétaux ancestraux. Sans parler des effets inattendus que cela a eu sur ma vie professionnelle.
Par exemple, lorsque je travaillais dans MonAssoDavant, il était écrit dans le règlement intérieur que les parents avec enfants en âge scolaire étaient prioritaires, en cas de «litige », pour prendre leurs congés sur les temps de vacances scolaires justement. Donc plusieurs fois, je me suis fadé des permanences, j'ai du décaler des dates parce que les collègues « avec enfants » étaient prioritaires. Ah bah oui quand t'es statutairement célibataire (= pas mariée ou pacsée ou officiellement en couple) ET sans enfants.. mais ma pauvre quoi ! Forcément t'as pas de vie et tu dois assurer les bouses de planning... Le jour où j'ai ouvert ma grande gueule de celle qui ne sait pas se taire et ai commencé à interroger ça, on m'a regardé avec des yeux ronds et en fronçant les sourcils. J'ai même osé prononcer quelque chose comme « c'est une forme de discrimination »... Que n'avais-je dit !!! Alors quand j'ai ajouté qu'avoir des enfants était un choix personnel et non une compétence professionnelle et qu'autant on nous demandait d'avoir une voiture personnelle mais que avoir des enfants n'était pas une obligation pour être embauchée à MonAssoDavant... C'est marrant mais même les plus ouverts et progressistes de mes collègues (parents eux-même) ont protesté. Ça n'est pas arrivé souvent en plus de dix ans mais c'était néanmoins écrit donc institutionnalisé.
Parce que ne vous en déplaise (je sens que je vais en hérisser quelques-un-e-s...^^) fonder une famille, élever des enfants, cela relève du choix personnel (comme de ne pas en avoir d'ailleurs). Et j'ai assez lu que c'était illégal de demander en entretien d'embauche si on avait des enfants, si on voulait en avoir, si on était marié, etc …Et que c'était discriminatoire de tenir compte de ces critères pour le recrutement.
Donc, faut être cohérent : si c'est discriminatoire de se baser sur ces critères pour une embauche, ça l'est tout autant de les utiliser afin d'avoir des avantages par rapports à d'autres salariés. Autant, les primes de crèches, jours de congés supplémentaires, primes de mariage, naissance, passent encore parce que cela n'avait aucune incidence sur l'exercice des fonctions. Mais cette histoire de congés... J'ai bien tenté d'expliquer que mes poissons rouges et mes plantes vertes avaient besoin de mon attention mais étonnamment ça n'a pas eu l'effet escompté. Et j'avais à chaque fois une pensée pour cette collègue qui n'avait pas pu avoir d'enfants alors qu'elle et son mari en voulaient tellement...
Plus sérieusement, mon compagnon de l'époque avait des enfants donc les vacances en « famille » ... Ou plus simplement les vacances avec les amis ayant des enfants en âges scolaires... On peut être célibataire sans enfants et avoir une vie personnelle imprégnée malgré tout par les rythmes des enfants, des autres...

Bref, tout ça pour dire que lorsque j'ai fait le choix de ne pas utiliser mes ovaires et mon intimité interne à des fonctions reproductives, je ne pensais pas que cela pouvait avoir ces incidences (et d'autres...).
Ce qui m'agace le plus est que je suis souvent taxée d'intolérance vis à vis des familles lorsque je m'exprime sur le sujet. Genre une femme dans le style NoKidsWarrior. Ça doit être ça...
Juste... en quoi ça peut déranger qui que ce soit, expliquez-moi ça voulez-vous ?!

* DLUO : Date Limite d'Utilisation Optimale 
 

vendredi 9 août 2013

Lâcheté ordinaire

Elle a entre 45 et 60 ans je dirais. Le visage rond, les yeux en amandes, les pommettes hautes, la peau ridée. Burinée par le grand air, les soucis et la misère. Elle n'est pas bien grande et assise sur cette caisse en plastique elle parait même ratatinée. La tête recouverte d'un fichu marine avec des fleurs. Elle doit venir de quelque part du centre de l'Europe ou des Balkans. Elle est toujours au même endroit à chaque fois que je viens faire mes courses, quelque soit l'heure. Le même endroit, le même carton avec quelques mots écrits au marqueur noir et qui s'abîme avec le temps qui passe. Elle interpelle parfois dans un français sommaire et teinté d'un accent que je ne reconnais pas. Elle tend la main, parfois. Une main usée, râpée, enserrée dans une mitaine en laine, ravaudée et de couleur indéfinissable. Elle se tait, souvent. On se croirait presque dans Germinal.
Et nous, on passe à côté en détournant le regard souvent. Une de plus. Il y en a tellement. Parfois l'un ou l'autre d'entre nous en sortant lui dépose subrepticement quelques provisions. Qui du lait, qui un sandwich, qui du pain ou quelque chose à boire. Ou quelques pièces, rarement autre chose que des centimes à en juger par le contenu de sa coupelle. Personne ne la regarde vraiment en face ni dans les yeux. Moi la première. Aujourd'hui, j'ai découverts qu'Elle a des yeux bruns clairs et un sourire édenté. Elle exprime sa reconnaissance de ce qui lui est donné. Mais reconnaissance de quoi ?!! Elle devrait être en colère, nous alpaguer et nous mettre face à sa réalité. Au lieu de ça elle remercie avec le sourire. AVEC LE SOURIRE !

Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond putain ?! Comment en sommes nous arrivés à passer à côtés de ces personnes, jeunes, vieilles, hommes, femmes, d'ici et d'ailleurs, sans plus les voir, sans vouloir ne serait-ce que les regarder ?!
Je ne vais pas faire d'angélisme en disant qu'il faut accueillir tout le monde, que le capitalisme c'est mal, que c'est la crise ma pov' Lucette ou que l'on vit dans le pays des Droits de l'Homme ou dans un pays de merde, au choix. Je sais bien que c'est plus compliqué que ça. Je sais que beaucoup rament pour joindre les deux bouts et se débattent pour garder la tête hors de l'eau.
Mais bordel ! Comment en sommes nous arrivés là ? Comment en 2013 peut-il y avoir des personnes qui peinent à manger à leur faim tous les jours ? Comment est-ce possible au milieu de cette gabegie colossale alors que des stocks de nourriture sont détruits chaque jour, que des producteurs d’œufs, de viande, de légumes, de fruits détruisent des stocks et ne parviennent même plus à vivre de leur production ?! Oui, je sais : on produit trop, les lois du marché, tout ça... Merde, y'a pas moyen que ça change un peu ? Que nous redevenions humains ?

Cette femme n'est que la partie émergée de l'iceberg de la misère. Il y a quantité de personnes qui se posent la question de leur subsistance bien avant la fin du mois mais elles sont invisibles car ont un « toit » sur leur tête ou se cachent pour échapper aux regards, à l'administration.
J'en entends me dire : oui mais il y a des aides, elles en profitent bien, elles utilisent le système. Ah oui ? Allez leur demander ce que cela fait de dépendre du bon vouloir d'autres personnes pour juste survivre. De dépendre de la charité alors que tout ce qu'elles veulent c'est vivre du fruit de leur travail. Question dignité, je vous jure, ça se pose là et c'est dur à supporter. Ça n'est pas moi qui le dit, c'est ce que j'entendais lorsque j'allais sur le terrain. Cela remonte à deux ans mais j'ai plus l'impression que ça a empiré qu'autre chose. D'autant que je ne voudrais pas dire mais question gestion cohérente des aides publiques ça se pose là (mais bon, c'est un autre sujet). Et ne me parlez surtout pas d'assistanat car je risque de perdre mon sang-froid...

Remarquez, je fais partie de nous qui détournons le regard et contribuons à faire de toutes ces personnes des fantômes, des silhouettes monotones et monochromes que l'on ne voit plus. Qui ne sont plus que des ombres furtives dans notre champ de vision périphérique.
L'argent, je n'ai rien contre. Les personnes qui en gagnent non plus. Là où je suis perdue c'est lorsque cela devient un but en soi. Plus, toujours plus et encore plus. Mais pour quoi faire ? Il y a bien un moment ou, selon ses besoins et ses envies, on en a assez pour vivre vraiment bien, non ?
Je suis née du bon côté de la barrière. J'ai juste tendance à l'oublier ou à le perdre de vue, me perdre de vue.
Manque de courage. Ne serait-ce que de m'arrêter, la regarder et parler avec elle pour connaitre son histoire. 
 
Petite chronique de ma lâcheté ordinaire...

dimanche 13 janvier 2013

Tristesse et (coup de) gueule de bois

Lorsque j'ai ouvert ce blog, j'ai décidé de ne pas publier de billets sur mes convictions politiques, religieuses et sociétales. Pas le propos et pas très envie. Maintenant, j'imagine qu'à la lecture de ce que j'écris, vous vous doutez bien que je suis plutôt ancrée à gauche, que je suis préoccupée par l'Humain et que j'ai du mal avec les injustices. Ceux avec qui je discute sur Twitter le savent.
Je me retiens depuis un très très long moment et je vais allègrement faire voler en éclat ma décision initiale. Je vais causer d'un fait de société ou plutôt de ce qui se passe autour d'un fait de société. Vous donner mon point de vue.

mardi 2 octobre 2012

Tu m'envies?

« Qu'est-ce que je t'envie, tu as tellement de chance »... Depuis que j'ai fait le choix de changer de vie, tu me le dis assez régulièrement. Oui, j'ai décidé de te tutoyer même si tu es multiples. Au début, je cherchais à comprendre ce qui te faisait dire ça. « Ah oui, qu'est-ce que tu veux dire par là ? ». Oui, j'avais besoin de comprendre ce qui te pousse à me dire ça. « Tu es libre, tu fais ce que tu veux, t'as une vie rêvée, tu ne rends de comptes à personne, etc... ».

Tu as raison : je vis dans une région magnifique, dans la petite maison dont je rêvais. J'ai une qualité de vie incomparable. Je fais mes choix en fonction de mes envies, de mes besoins aussi. Je pars en vadrouille régulièrement. J'explore, je prends le temps, j'apprends et je me nourris de tant choses (et je ne parle pas de nourriture là, tu vois ce que je veux dire j'espère). C'était valable avant aussi.

Tu m'envies ? J'ai tellement de chance ? Tu as raison : je suis privilégiée. Je ne suis pas isolée. J'ai le soutien de ma famille, de mes amis. Ils croient en moi, m'encouragent, me poussent, m'aiment.
Dis-moi, tu crois que ça m'est tombé tout cuit dans le bec tout ça ? Et je vais te dire...je n'en peux plus d'entendre ça. Comme si mes choix et la vie que j'ai aujourd'hui relevaient du miracle, de la bonne volonté des Bisounours et que ça m'avait été livré sur un plateau.