mardi 28 août 2018

Mots des murs

En rangeant la sacoche que j’utilise pour aller à la maison d’arrêt, je suis tombée sur une feuille de mots que j’avais écrits lors de l’un de mes déplacements là-bas. C’est griffonné à la va-vite, entre deux rendez-vous.
Je suis incapable de me souvenir de quand cela date. J’avais envie de partager cela avec vous.

dimanche 1 juillet 2018

Pourquoi t'es triste, c'est toi qui est partie?



Ça va faire un an… Un an que je suis partie. Un an que j’ai dit c’est fini. Un an que j’ai fait des cartons et des valises la morve au nez et les larmes en cascades sur les joues. Un an que je ne serre plus personne dans mes bras. Un an que je ne m’inquiète plus pour l’Autre. Un an que je ne demande plus comment c’est passé ta journée. Un an que je ne tiens plus de main lorsque je me balade. Un an que je ne partage plus mes tracas. Un an que je ne gère plus la maison. Un an que je ne me demande plus si cela va lui plaire ou non. Un an que j’ai repris ma liberté. Un an que je suis triste, en colère, que je me sens coupable, que je me sens seule. Un an que je porte un sentiment d’échec. Un an que je ne me sens plus aimable, moche et pas vraiment digne d’intérêt. Un an que je lutte pied à pied, centimètre par centimètres certains jours. Un an que quotidiennement je me dis plusieurs fois par jour « alors, quoi de beau et de positif aujourd’hui ? ». Un an que chaque jour je décide que aujourd’hui est le jour d’après et le premier jour du reste de ma vie.

vendredi 22 juin 2018

J'avais envie de rhubarbe aujourd'hui

Cela faisait des mois que je voyais ce panneau à l’entrée de l’allée de cette maison, pas très loin du boulot. Un panneau soigneusement peint « rhubarbe à vendre ».

Aujourd’hui, j’ai eu envie de rhubarbe (enfin, j’ai eu envie de faire de la confiture de rhubarbe) et en fin de matinée, ni une ni deux je me dis que je vais passer vite fait en acheter.

mercredi 13 juin 2018

Brève... du travail



Je les ai aperçus de loin avant d’arriver sur le parking et je me suis fait la réflexion « mais… ce n’est pas le jour des parloirs. Ils se sont fait refouler ? ».
La femme est grande et porte un bébé bien joufflu dans les bras. Il y a deux petits garçons, moins de 10 ans c’est certain. Et il y a Monsieur qui porte un grand sac bleu de courses, bien plein, comme on en voit souvent pour les parloirs dont dépasse un bouquet de fleurs.

En me garant, je me fais la réflexion qu’ils ont l’air content, heureux même.

En sortant de la voiture, je comprends. Pas loin, il y a une voiture  avec un gigantesque dessin (une peinture en fait) qui fait toute la taille du pare-brise. On ne voit que lui. C’est un arc-en-ciel qui fait toute la page avec écrit « bienvenue […] c’est le premier jour de ta nouvelle vie ».

Et je comprends : ils n’ont pas été refoulés au parloir, c’est le jour de sortie du monsieur et toute sa petite famille est venue le chercher (ce qui n’est pas forcément la norme). Monsieur regarde avec attention le beau dessin bien visible derrière la vitre. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je crois que les enfants excités lui montrent ce qu’ils ont fait. Et Madame a un sourire super-nova.

Je m’arrêterais bien pour les contempler un moment mais je me sens indiscrète, voyeuse presque.

Aujourd’hui, un homme est sorti de prison. Il était attendu par sa femme et ses enfants. Il y avait de la joie et beaucoup de sourires. Et c’était le premier jour de sa nouvelle vie…



mardi 22 mai 2018

Ces attentions douces

Ce week-end, j’ai fait quelques cartons et j’ai clôt un chapitre important de ma vie.
Ce week-end, j’ai beaucoup pleuré avec la sensation que mon cœur se morcelait et je ne comprenais pas pourquoi.
Ce week-end, la femme que je suis a compris quelque chose de la petite fille qu’elle avait été et qui se cache encore en elle.

dimanche 12 novembre 2017

Derrière les murs

Avant même d’y aller pour la première fois, il faut montrer patte blanche : remplir des formulaires, attester sur l’honneur, envoyer une copie de la pièce d’identité. Il faut obtenir une permission, et pas que temporaire, pour franchir le seuil.

Le rituel des visites est réglé comme du papier à musique, enfin sauf quand il se passe des choses à l’intérieur qui font que ça grippe mais ça c’est une autre histoire.

jeudi 7 septembre 2017

9 ans... C'est toute une vie et c'est pas grand chose

La 1ere année, ça a quelque chose d’effrayant et d’excitant à la fois : tu retournes à l’école. Tu achètes des blocs, des crayons, des surligneurs et même un nouveau cartable dis donc ! Tu te fixes des règles en te disant que cumuler un temps plein et reprendre des études, ça demande un minimum de discipline.

Et aussi tu paniques… Parce que les études et moi on n’a jamais été potes. « Peux mieux faire », j’ai lu et entendu ça toute ma vie. « oh tu es assez intelligente mais vraiment pas une intellectuelle ». Et voilà que je signe pour passer une licence en cours du soir. Je suis folle ! Mélangez le syndrome « bonne élève » et celui de « l’imposteur » et vous avez une vague idée de ma panique. Et si mon cerveau était trop rouillé pour tenir la distance ?

Puis l’année commence. Des cours le vendredi soir dans des salles blafardes jusqu’à 21h30/22h ou le samedi matin dans des bâtiments déserts. Honnêtement, l’initiation au management et la psycho cognitive, bof mais la psycho sociale et des organisation, ah ouais !

Tu rencontres des gens sympas voire géniaux. Tu commences à bosser à plusieurs, à préparer les examens de fin d’UE (Unité d’Enseignement) ensemble, à rire, à (te faire) rassurer, à (te faire) encourager. Et tu valides tes matières. Et tu fêtes ça avec les autres.