samedi 26 décembre 2020

7 minutes

On avait prévu de se faire un apéro Skype ce jour là, en famille. Moi ici et eux, à presque 1000km de là. Eux? Ma mère, ma sœur, mon beau-frère et leurs enfants ainsi que les +1 des enfants.

Tout le monde était là-bas.

J'avais choisi de rester ici. D'une part parce que je travaillais. D'autre part, parce que avec le Virus et les vulnérabilités diverses des gens que j'aime, je préférais circuler le moins possible.

Je n'ai pas vu certain.e.s de mes neveux et nièces depuis plusieurs années. La vie. Le virus. La distance... Ils me manquent vraiment beaucoup.

On avait donc prévu de se faire cet apéro et d'ouvrir les cadeaux envoyés.

 

Mon colis n'est jamais arrivé. J'y avais mis de l'amour et de l'argent. Tellement envie de faire plaisir cette année. J'avais fait en sorte que chacune et chacun puisse avoir quelque chose. C'était un colis de choses délicieuses à se partager. Une de mes manières de dire "vous me manquez. Je pense à vous".

Ce 24 décembre, nous devions donc prendre l'apéro ensemble.

11h30, aucune nouvelle. Premier texto.

12h00, silence. Deuxième texto.

C'est vers 12h45 que j'ai eu des nouvelles. Un appel, pour se caler pour Skype.

Finalement la connexion se fait. Je m'étais pimpelochée et maquillée, comme si j'avais été avec eux quoi.

L'apéro là-bas est déjà bien engagé. Les conversations et la chaleur se perçoivent via l'écran.

On échange quelques mots, avec celles et ceux que je vois. Rien de plus.


7 minutes.

 

Cet apéro par Skype a duré 7 minutes.

Je n'y étais pas. Je n'étais pas là. D’évidence, cet intermède vidéo a gêné plus qu'il n'a rapproché. Je vous jure : la papote que j'ai eu via WhatsApp avec des amis la veille a été plus animée et plus chaleureuse que ces 7 minutes.

Je voyais la grande tablée mise pour les 8, joliment dressée, en arrière plan. Il y avait le bruits de conversations qui se déroulaient hors champ de la caméra. C'était empesé, coincé et vide de contenu.

Je n'étais pas là. Ni en vrai, ni en virtuel. Je n'avais juste pas ma place. Étrangère à ma propre famille.

Lorsque la conversation a été coupée après ces 7 minutes, je me suis sentie seule comme jamais. Je n'avais pas de place au sein de cette famille qui était sensée être la mienne. Juste un grand vide. J'étais si seule. J'étais chez moi, devant cet écran éteint et je me suis demandée ce qui faisait que j'appartenais à cette famille. Depuis toujours je me suis sentie décalée. Là, c'était pire. Je me sentais étrangère, comme ne faisant pas partie. Je n'y étais pas et je n'avais pas ma place. Je suis allée me rouler en boule et j'ai pleuré, beaucoup. J'ai ouvert mes cadeaux aussi. Toute seule parce que ce que nous avions prévu avait duré 7 minutes et l'ouverture des cadeaux n'a pas fait partie de ces 7 minutes.

Ils étaient là-bas, à partager un repas somptueux (ouais, commandé chez Pic) et à rire. Ils sont repartis tard. Je le sais, ma mère m'a ensuite laissé un message sur le répondeur me disant combien elle avait été heureuse de les avoir. De mon absence ou de notre échange virtuel : rien.

Le bonheur de ce 24? Il a été avec ma famille de cœur. Celle qui m'a ouvert sa maison et ses bras. Celle qui m'a gâtée. Celle avec qui je suis moi sans questions et auprès de qui je me sens vivante et aimée. Heureusement qu'ils étaient là. J'ai reçu beaucoup d'affection et d'amour de ma famille de cœur ce soir là. Et le lendemain aussi.


L'Amour ne s'attache pas au sang... 

 



 



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